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DEBAT/Burqa : à quelles femmes demande-t-on leur avis ?

Posté le 25 juin 2009

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« Emanciper les femmes, c’est les corrompre », écrivait Honoré de Balzac. D’ici quelques jours, une mission parlementaire sera mise en place pour tenter de saisir les enjeux posés par le port de la burqa en France et peut-être, à terme, proposer une loi en vue de l’interdire dans l’espace public.

La question est complexe et embarrassante : s’y mêlent en effet des impératifs de sécurité, de laïcité, d’égalité des sexes et de tolérance culturelle. En outre, des propos de Barack Obama sur le voile aux événements en Iran, le contexte international actuel rend le sujet encore plus brûlant.

La burqa n’est pas qu’un vêtement
On ne peut évidemment que s’émouvoir du fait que des femmes soient contraintes de cacher entièrement leur corps dès qu’elles quittent leur domicile, au prétexte qu’elles seraient des proies sexuelles potentielles. Car la burqa n’est bien sûr pas qu’un vêtement.

Elle est un signe, au sens où l’entendait Roland Barthes : elle est porteuse d’une signification, d’un message destiné à tous, d’une fonction politique. D’une part, afficher une vision de la femme considérée comme inférieure, « propriété » de son mari, quoi qu’il arrive et pour toujours, sans existence propre.

D’autre part, faire montre d’un rejet des principes français de vivre-ensemble – « Si ma femme continue de se faire insulter parce qu’elle porte une burqa, nous irons vivre en Angleterre », disait récemment un musulman intégriste à la télévision. Exemple édifiant de communautarisme.

Les partisans du voile intégral invoquent la liberté de culte, d’expression, de croyance. Mais jamais les principes français de laïcité qui condamnent le prosélytisme et la pression communautaires. Ils sont pourtant essentiels et se situent au fondement de la loi de mars 2004 sur l’interdiction des signes religieux ostensibles à l’école.

Servitude volontaire
On n’interviewe aujourd’hui que les femmes qui porteraient la burqa par choix, notamment après une conversion à l’islam. Ces adeptes de la servitude volontaire seraient les plus nombreuses. Mais qu’en est-il des autres ? Elles n’ont tout simplement pas le droit de s’exprimer. Donc on ne les entend pas. On les voit moins. Et c’est bien le but : les rendre invisibles aux yeux de la société, les reléguer à l’état d’objet, les déshumaniser.

Comme l’écrit l’anthropologue David Le Breton, le racisme est la négation du visage : ceux qui clament haut et fort le droit à (faire) porter la burqa tout en dénonçant l’intolérance de la société française à leur égard pourraient y réfléchir. Nier l’autre parce qu’elle est née femme, lui imposer une infériorité sociale, sexuelle, économique et politique, c’est aussi du racisme.

Néanmoins, dévisibiliser la burqa risque de ne pas suffire. Dans le combat contre l’oppression dont sont victimes les femmes qui la revêtent, il faut aussi leur donner la possibilité de prendre leur vie en mains, de développer leur libre-arbitre, bref les aider à sortir du foyer, par l’information et l’éducation, plutôt que les considérer comme incapables de faire face à la domination masculine. De plus, interdire la burqa dans l’espace public, n’est-ce pas finalement cantonner au foyer celles qui la portent et donc créer l’illusion que le problème, parce qu’il ne sera plus visible, ne sera alors plus réel ?

Enfin, cet intérêt soudain pour les droits des femmes peut surprendre, étant donné la tolérance dont le sexisme ordinaire continue de bénéficier en France, que ce soit dans la publicité, les médias, le monde du travail ou la sphère privée.

Alors que le Président et le gouvernement français ne cessent de promouvoir la diversité culturelle, nul doute que la burqa n’a pas fini d’alimenter l’épineux problème de l’expression de la différence culturelle dans notre pays : si les droits des cultures minoritaires sont en concurrence avec le droit des femmes, c’est que notre société a des questions à se poser.

4 commentaires pour « DEBAT/Burqa : à quelles femmes demande-t-on leur avis ? »

  1.  
    1 juillet, 2009 | 12:29
     

    Toutes les arguments proposés se heurtent à la même barrière:la liberté de culte qui doit prévaloir en tout point car il y a dans cette expression Liberté(concept fondateur de notre système).Ainsi la loi sur les symboles religieux à l’école n’est pas conforme aux libertés de l’Humain,les femmes ont le droit si elles le veulent de porter ce vêtement comme n’importe quel autre,c’est vous qui voulez réduire leur liberté avec cette interdiction insupportable car liberticide!!!et pour celles qui y seraient obligées,alors,à ce moment(mais seulement à ce moment),la loi est là.Ensuite pour la volonté de ne pas être reconnu,encore une fois,cela est un droit qu’on ne peut supprimer sous aucun prétexte tant qu’il n’y a pas eu infaction et enfin pour la dépersonnalisation,cela encore une fois est un choix qui comme tous les autres doit être respecté.
    En conclusion tous vos arguments s’effacent devant la Liberté qui doit faire partie de toute société humaine car elle est inhérente à l’Humain.Par ailleurs,je vous propose de venir voir mon blog: »Avenir,viens à nous libre »où j’ai écrit un article traitant de ce sujet.
    Liberté,Liberté,Liberté en toute chose.
    changementpolitiquecheznous

  2.  
    mona
    6 août, 2009 | 17:18
     

    Après l’article , parfaitement articulé autour des tenants et des aboutissants de la burqa , je lis ce commentaire de « changementpolitiquecheznous ».
    Autisme ou propagande sur tous les fronts , chaque fois que l’on tente de mettre à plat ce problème – qui ne se règlera pas à coups d’interdits ajoutés aux interdits déjà subis – , ces voix gentilles-polies rabachent : liberté de choix de ces femmes .
    Que signifie votre pseudo , monsieur ?

  3.  
    depassage
    20 août, 2009 | 17:59
     

    Bonjour,

    Pour être direct, je suis choqué sans l’être. Je m’explique:
    Choqué de voir que tout le monde n’as pas la même signification du sens de liberté de culte.
    Choqué de voir que l’émancipation de la femme passe obligatoirement par un modèle unique de pensé.
    Choqué de vous lire, de devoir lire les termes d’ »asservissement » de la femme, de prison, de femme proie à leur mari. Et pour cause, c’est un choix de leur propre chef, et une émancipation qui ne peut être comprise que par ceux qui comprennent vraiment le sens de la tolérance.
    Quel mari oblige sa femme a se vêtir de la sorte ?
    Quel femme se sent en prison ? Avez vous des preuves que des 367 femmes en France, elles y sont contraintes, car la prison à ma connaissance n’est pas un lieu de vacances…
    Mais d’un autre coté je ne suis pas choqué, car c’est inévitable, le culte de la peur fait vendre. Vendre des journaux, augmente l’audimat, ou encore fait élire un président.
    De tout temps il a fallut aux sociétés pas seulement en france, un bouc émissaire afin de légitimer des décision ou des problemes internes aux états.
    En France il y a eu les portugais, les espagnoles, les italiens… aujourd’hui ce sont les africains en générale, mais je pense qu’au fond sa ne se résume pas a un continent mais à une religion.
    Et la France à une définition de la laïcité qui n’est pas commune à tous. Sans forcément parler des pays anglo-saxons, la liberté de culte à fait ses preuves au cours des décennies. Lorsqu’à Cordou sous l’empire islamique on pratiquait les 3 religions et meme des cultes païens, la France organisait un débat « d’intellectuels » appelons les comme ils le souhaitent, pour savoir si la femme faisait partie de l’espèce humaine ou non … abérant !
    Malheureusement, le complexe de l’infériorité empêche les français de reconnaitre leur erreur et préfère la justifier en s’enfonçant et en s’enfermant sur eux même…

  4.  
    21 août, 2009 | 10:43
     

    Bonjour à tous, je rebondis sur le dernier commentaire. tout le monde à la liberté de culte ou de non culte, ce qui n’est pas vrai sur toute la planète, loin s’en faut, la laïcité n’est ni vieille ni nouvelle, c’est la clé de la liberté de conscience pour tous.
    La république nous a fait libres et égaux, restons le, n’en déplaise aux volonté caricaturales de certains, qui pour autant se servent de la laîcité sans la défendre et souvent sans en comprendre le sens profond.
    Oui, la burka me dérange avec tous les symboles de soumission et d’intolérance qu’elle véhicule
    Oui, je défendrai la liberté de culte
    Oui, notre liberté en république suit dles règles ou chacun respecte l’autre, ses croyances et sa liberté de pensée.
    le modérateur

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